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18 et 19 janvier 2012

FPQE (Formation Professionnelle Qualifications Emploi)

Travailler les questions de formation, qualifications, emploi.

La Fsu, fédération de la fonction publique, intervient naturellement dans un cadre plus large que la seule éducation nationale. L’ensemble des problématiques sociales de formation, qualifications, emploi sont traitées par un groupe FPQE, regroupant des syndicalistes du secteur de l’éducation, mais également du ministère du travail, de pôle emploi et les représentants Fsu aux CESER et aux CCREFP. Des points d’étape sont organisés sous forme de stages syndicaux une fois par an et ils sont l’occasion de confronter les différentes expériences et de construire des propositions et des modes de ripostes adaptés.

Le dernier stage FPQE, s’est tenu le 18 janvier 2012. Les questions traitées ont étés diverses mais ont montrées à la fois la cohérence des politiques menées par les gouvernements et les liens qu’il convient d’établir afin de construire des actions syndicales efficaces.

Pierre Concialdi, chercheur à l’Institut de recherches économiques et sociales, a fait un point sur l’état de l’emploi en France et en particulier de l’emploi privé en contant un certains nombre d’idées reçues sur la question. (voir encadré).

Gérard Aschieri, représentant Fsu au CESE, a présenté le bilan qu’a fait le conseil sur « 40 ans de formation professionnelle » et les difficultés de construire des positions communes entre les confédérations (impliquées dans la gestion des fonds de la formation) et les autres organisations, mais également de placer le service public comme acteur pivot du développement des politiques de formation.

Pour le SNU-TEFI, Sylvette Uzan a rappelé les missions du service public de l’emploi : l’accueil, l’information, l’orientation des demandeurs d’emploi et également l’aide aux parcours professionnels des salariés. Mais les dernières évolutions ; transfert des service psycho de l’AFPA à Pôle emploi, le parcours personnalisés d’aide à l’emploi ou les crédits de formation individualisés non financés, la manque de moyens des missions locales font que l’insertion réelle est de plus en plus difficile à mettre en oeuvre.

La question du service public de l’orientation et de la mise en œuvre de la labellisation des structures d’orientation a été présentée par Catherine Remermier du SNES. Catherine a montré comment le gouvernement cherchait à imposer sa politique en fait fi des instances consultatives régionales et en passant outre le dialogue social pourtant imposé par les décrets. Cela conduit à labelliser des organismes privés qui serait chargés des missions d’orientation y compris des jeunes en formation initiale. Et cela conduit également au démantèlement du service public de l’orientation. Il en va de l’avenir des personnels, mais il en va aussi de l’avenir des jeunes, ainsi la question du service public de l’orientation concerne toute la fonction publique et en cela est une question fédérale.

Les questions de l’avenir des GRETA, et de leur transformation en groupements d’intérêt publics, qui de fait constitue un désengagement de l’Etat dans les missions de formation professionnelles des adultes et de l’apprentissage comme outils de relégations d’une partie des jeunes en formation initiale ont été également traitées.

Bilan sombre donc des politiques menées depuis des années, mais perspectives syndicales nécessaires et stimulantes. La Fsu doit continuer à traiter l’ensemble de ces problématiques et intervenir à chaque fois qu’elle le peut pour faire entendre sa voix spécifique. Cela doit être également l’occasion d’échange avec d’autres organisations sociales et en particulier les confédérations ouvrières, car c’est en construisant du commun que nous arriverons à faire avancer nos analyses et nos revendications. C’est dans ce cadre que le centre de formation de la Fsu organisera un stage sur la « Sécurité sociale professionnelle » (mobilité professionnelle, continuité des droits...) les 6 et 7 juin 2012, l’occasion de retravailler ces questions et de confronter les positions.

A bientôt donc,

Thierry Reygades

Groupe FPQE : groupe « formation professionnelle, qualification, emploi »,

CESER : Conseil Economique, Social, Environnemental Régional

CCREFP : Comité de Coordination Régional de l’Emploi et de la Formation Professionnelle

CESE : Conseil Economique, Social et Environnemental

SNU-TEFI : Syndicat National Unitaire : Travail, Emploi, Formation, Insertion

GRETA : Groupement d’établissements (formation des adultes dans les établissements scolaires)

Organiser la diminution du temps de travail

Si l’on regarde l’évolution de l’emploi dans le secteur privé depuis 30 ans, on constate qu’il a faiblement augmenté durant 20 ans, entre 1978 et 1997. Puis, l’emploi franchit une véritable marche d’escalier entre 1998 et 2002 qui équivaut à 1,8 million d’emplois. Depuis la progression de l’emploi retrouve un rythme moins rapide, la récession a déjà annulé toutes les créations d’emplois depuis 2002. Pierre Concialdi, chercheur à l’Institut de recherches économiques et sociales, explique que dans cette progression, le fait majeur est évidement la réduction de la durée du travail par le passage aux 35 heures. L’économiste évalue à 500 000 le nombre d’emplois créés par le passage aux 35 heures, des emplois « pérennes » qui ont résisté au retournement conjoncturel du début du XXIe siècle.

Pour le chercheur, le temps de travail a et va globalement continuer à diminuer, en grande partie en raison des gains de productivité, mais depuis une dizaine d’années, cette diminution se traduit par une augmentation du chômage, des empois à temps partiel, de la précarité, on parle maintenant de sous emploi. A titre d’exemple, 64 % des créations d’emplois déclarés sont des CDD de moins d’un mois et beaucoup sont des CDD de moins d’une semaine.

Les exonérations de charges pour les emplois à temps partiel, les subventions aux bas salaires (prime pour l’emploi, RSA…) encouragent le développement du sous emploi.

En fait, les gouvernements sont contre les formes collectives de réduction du temps de travail et préfèrent le chômage et les emplois précaires pour réduire le temps de travail. Pour Pierre Concialdi, le débat ne porte pas sur la question d’être pour ou contre la réduction du temps de travail mais sur la question de comment on organise cette réduction.

Trente ans d’emploi dans le secteur privé en France (source DARES)

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