Accueil / Documentation / Inégalités sociales, difficultés scolaires / Elèves en échec scolaire dans le 2nd degré : bilan des différents dispositifs (...)

Elèves en échec scolaire dans le 2nd degré : bilan des différents dispositifs internes existants

Collectif éducation :

On a vu ce matin que les pratiques pédagogiques au sein de la classe mériteraient d’être interrogées pour permettre à tous les élèves d’entrer véritablement dans les apprentissages.
Or, depuis l’unification du collège, l’aide aux élèves n’est pas pensée dans le cadre de l’ordinaire de la classe, mais en dehors quand la difficulté scolaire est déjà installée :
Juxtaposition, empilement disparate de dispositifs d’aide et de soutien
Classes de niveau plus ou moins déguisées
Classes dérogatoires
Installée au sein du collège depuis la rentrée 98, la Troisième d’insertion est une classe spécifique dérogatoire qui accueille entre 15 et 18 élèves âgés qui rencontrent des lacunes majeures dans les apprentissages fondamentaux. La structure a vocation à favoriser leur insertion dans une formation qualifiante de niveau V (CAP essentiellement). Les élèves se présentent généralement au CFG. Le fonctionnement de la classe repose sur l’alternance avec 6 à 15 semaines de stages en entreprise sur l’année). L’élève ne suit plus les enseignements communs du collège : les disciplines enseignées et les horaires sont définis en fonction du projet d’établissement et des ressources humaines disponibles. Les possibilités d’insertion professionnelle sont très inégalitaires sur l’ensemble du territoire.
Le bilan des 3I est très différent d’un collège à l’autre, selon le degré d’implication des équipes, leur volontariat, les moyens dont elles disposent, les critères de recrutement des élèves.
En 2004, nous avons estimé qu’il n’était pas acceptable de multiplier les dispositifs dérogatoires (ils représentaient 7,7% des élèves de 3ème en 2003, hors SEGPA) ; le SNES et le SNEP sont donc intervenus dans le débat sur la réforme de la classe de 3ème pour demander que les élèves de ces classes dérogatoires soient ramenés dans le cursus ordinaire et que leur soit garanti l’accès à un vrai tronc commun à tous les élèves. Nous n’étions pas tous d’accord au sein de la FSU, mais c’est à l’aune de ce principe que le SNES et le SNEP n’ont pas rejeté à titre transitoire l’idée d’un module de découverte professionnelle de 6 heures pour un public très limité d’élèves au profil bien défini à condition que la classe soit assortie de moyens importants pour réussir l’entrée de ces élèves dans les apprentissages. Ces élèves suivent les mêmes enseignements que les autres, en dehors de la LV2 dont ils sont dispensés. Quand une classe est constituée, elle doit être plutôt implantée en LP.
Il y avait à la rentrée 2007 environ 4% des élèves de 3ème qui suivaient ce module de DP6 (32 116 élèves). Mais le public a été mal ciblé : alors que l’arrêté du 2 juillet 2004 parle d’un module destiné aux « élèves en grande difficulté repérés en voie de décrochage scolaire en fin du cycle central », le texte d’orientation pédagogique fixe un autre profil « des élèves volontaires prêts à se remobiliser autour d’un projet de formation dans les voies professionnelle, générale ou technologique ». Il ne s’agit donc plus d’élèves en voie de décrochage scolaire, pour lesquels le rapport de janvier 2007 de l’IGEN recommande une orientation vers une 3ème d’insertion, l’apprentissage junior (il n’était pas encore supprimé) ou un dispositif relais.
La mise en place de cette classe de DP6 devait conduire à la suppression immédiate de toutes les classes de 3ème dérogatoires, et à la suppression en biseau des 3èmes d’insertion. Si les premières ont toutes disparu, les secondes restent nombreuses, souvent maintenues à la demande même des personnels qui estiment que la 3ème DP6 est trop ambitieuse pour ce genre d’élèves.
Le module DP6 a été reconduit d’année en année sans aucune évaluation officielle présentée au CSE.
Non seulement les 3I n’ont pas disparu, mais on voit se développer des formes sauvages d’alternance au sein du collège depuis 2003 pour les élèves en grande difficulté âgés de 14 ans au moins. Il s’agit d’un choix délibéré du MEN qui pousse au développement de ces dispositifs d’alternance.
Nous avons combattu l’apprentissage junior qui remettait en cause la scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans ; ce dispositif a été supprimé par Sarkozy dès son élection mais il a été remplacé, depuis, par le dispositif DIMA (dispositif d’initiation aux métiers par alternance) qui ne fait l’objet d’aucun texte de cadrage. Ce dispositif semble n’exister pour l’instant que dans la région Alsace qui avait fortement dénoncé la suppression de l’apprentissage junior.

DIMA ne fonctionne pas car les familles n’en veulent pas pour leurs enfants et ne trouvent pas facilement de maîtres d’apprentissage. L’idée que les élèves doivent être à plein temps au collège est une idée à laquelle tout le monde tient.
Les SEGPA sont des structures qui scolarisent environ 100 000 élèves. Il ne s’agit pas d’un dispositif mais bien d’une structure spécifique avec des personnels identifiés, une dotation fléchée pour des élèves orientés par une commission pour lesquels on vise à terme une qualification de niveau V. Cette structure était menacée car elle coûte cher. On craignait la disparition des SEGPA et l’utilisation de ses personnels pour l’aide aux élèves en difficulté du 2nd degré (comme pour les RASED dans le 1er degré) mais on a obtenu que la structure SEGPA fasse l’objet de textes réglementaires qui pérennisent son existence. On note souvent une baisse du nombre d’élèves de SEGPA en 6ème car certaines familles veulent tenter leur chance au collège.
La DEPP a étudié le devenir des élèves de SEGPA : l’étude montre une augmentation de l’orientation vers les LP avec un meilleur taux de réussite mais un taux d’abandon important quand les élèves sont orientés vers les CFA.

Les MFR (maisons familiales rurales) sont des structures privées qui concurrencent les établissements publics dans les zones rurales car elles offrent des internats.

Haut de page