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COLLOQUE EDUCATION PRIORITAIRE - 12 rue Cabanis 75014 Paris
formation syndicale

COLLOQUE EDUCATION PRIORITAIRE - 12 rue Cabanis 75014 Paris

  • Formateurs
    1
  • Dates
    02 octobre 2019 - 02 octobre 2019
  • Horaire
    09:30 - 13:00

Description

MERCREDI 2 OCTOBRE 2019  
 
Colloque FSU Éducation prioritaire – 2 octobre 2019  à Cabanis (Paris)***

   Intervention Jean-Yves Rocheix (45mn) *L’éducation prioritaire et l’égalité *

Le constat de la persistance des inégalités sert d’alibi pour questionner l’existence même d’une politique d’éducation prioritaire. Mais peut-on raisonnablement prendre le risque de supprimer les moyens spécifiques accordés aux territoires les plus défavorisés, y compris si ce renoncement se loge dans les stratégies progressives d’un passage de la labellisation vers l’allocation progressive ?
 
Les stratégies voulant construire une politique globale ou  l’enseignement scolaire n’est plus qu’un élément au milieu d’actions municipales ou associatives, y compris confiées au privé, ne risquent-elles pas de nous éloigner de l’enjeu essentiel de l’accès aux savoirs et de conduire à renoncer à une ambition identique pour tous ?
 
Table ronde  SNES SNEP SNUEP SNUIPP

   *Quelles réalités quotidiennes pour les enseignants d’éducation prioritaire? *

De quoi ont besoin les enseignants pour réunir les meilleures conditions d’apprentissage pour les élèves ? Temps libéré pour le travail collectif, formation capable de répondre aux demandes, réduction des effectifs …
Comment accompagner au mieux en évitant les écueils du pilotage aux résultats, au mérite ou à l’injonction ?

 

Conjoncture

Les 40 années de l’éducation prioritaire française auront été marquées par une succession de réformes désireuses de relancer une politique qui ne semble jamais porter les fruits de ses intentions. Mais dans une société où les inégalités ne cessent de se creuser, qu’il s’agisse de l’emploi, du logement, des transports, de la culture, la lutte contre les inégalités scolaires est loin de ne dépendre que de l’école. La démocratisation de la réussite scolaire nécessite une justice sociale qui est loin de caractériser les politiques actuellement mise en œuvre.

Pour autant la politique d’éducation prioritaire n’est pas vaine. Si nous ne partageons pas bon nombre des perspectives dessinées par le rapport de la Cour des Comptes d’octobre 2018, nous pourrions faire nôtre le début de sa conclusion qui convient que si l’Éducation prioritaire n’a pas atteint son objectif de réduction des écarts de niveau scolaire, elle a cependant réussi à les contenir, dans un environnement socio-économique qui s’est dégradé sur de nombreux territoires. Pour le dire autrement, on peut s’inquiéter de ce que serait la situation actuelle sans l’Éducation prioritaire. 

Les volontés de transformation annoncées par Jean-Michel Blanquer ou proposées par le rapport Mathiot-Azéma sont loin d’être rassurantes.
On comprend bien comment l’allocation progressive pourrait éviter des effets de seuils qui écartent certains territoires dont les difficultés sont pourtant réelles mais les effets de la fin de la labellisation, dans le contexte d’une politique de restriction budgétaire, seront encore moins favorables. A défaut d’être « sanctuarisés » par la labellisation, les moyens se dissoudront au gré de la définition successive d’autres priorités et de la banalisation de la difficulté spécifique de certains territoires. 

La revalorisation de l’indemnisation de personnels, promise pendant la campagne présidentielle de Macron, se noie dans la volonté d’une attribution au mérite dont personne n’est capable de définir la moindre critérisation et de prouver les bénéfices sur le travail enseignant.

Quant à la territorialisation, celle qui voudrait que hormis une carte nationale des REP+, ce soient les rectorats qui maîtrisent la politique de l’éducation prioritaire comment ne pas craindre qu’elle s’asservisse aux enjeux politiques locaux, au mépris de critères transparents d’attribution ? Les cités éducatives proposent de diluer le travail scolaire dans la logique globale d’une « société apprenante », fondée sur une offre multiple où école publique, structures municipales ou départementales, associations, sociétés privées contribueraient à une dynamique nouvelle. Mais qui pourrait croire qu’une telle configuration sera à même de répondre à l’enjeu majeur, celui de la réussite scolaire des élèves des milieux populaires ? Quel miracle permettrait à ces initiatives locales de lever des difficultés d’apprentissage que les professionnels de l’enseignement que sont les enseignants peinent à dépasser… à moins de renoncer aux ambitions d’une culture commune. Les sirènes de l’autonomie des établissements, de la contractualisation des objectifs, du recrutement local, de la multiplication des interventions extérieures n’ont jusqu’alors guère fait la preuve des améliorations qualitatives qu’elles promettent !

L’enjeu essentiel de l’éducation prioritaire, celui de l’accessibilité des savoirs et de la culture commune avec des ambitions identiques partout sur le territoire, nécessite des moyens. Contrairement à ce qu’insinue le ministre avec mépris, la labellisation n’indemnise pas la difficulté mais permet de doter les territoires dont les caractéristiques sociologiques le nécessitent, de ressources spécifiques qui leur sont nécessaires pour mieux former et accompagner les personnels, pour réduire la taille des classes, pour disposer de temps pour travailler en équipe éducative. Et tout cela, de la maternelle au lycée. 

Le cœur de la politique d’éducation prioritaire c’est le travail quotidien : les pratiques pédagogiques et didactiques qui permettent de dépasser les difficultés d’apprentissage, le travail éducatif qui construit une vie scolaire favorable aux conditions d’apprentissage des élèves et aux conditions de travail des agents. C’est ce travail quotidien qu’il convient de soutenir. C’est pour cela que la FSU veut construire des perspectives au plus près des préoccupations des agents que veut révéler cette enquête de terrain. L’éducation prioritaire ne peut être pilotée au gré des alternances ministérielles, elle doit se fonder sur la réalité des contextes de travail et des pratiques professionnelles pour construire collectivement les conditions de la réussite de toutes et tous.


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